Il y a un an, la COP21 fut d’abord une victoire diplomatique. Un premier vers la neutralité carbone, laissant en suspens la question de sa mise en oeuvre. Cependant, moins d’un an après s’être mis d’accord sur des objectifs communs, les décideurs politiques et économiques ont accompli des progrès considérables en faveur de l’action climatique :

Le Canada a désormais une taxe carbone

Le 4 octobre dernier, le Premier ministre canadien, Justin Trudeau, annonçait que son Gouvernement mettrait en place une taxe carbone dès 2018, pour l’ensemble du Canada. De 7,60 $ la tonne en 2018 jusqu’à 38 $ dès 2022. Il s’agit de la première décision pour taxer l’ensemble des émissions carbone à l’échelle d’un pays. Le Canada va ainsi plus loin que les marchés de quotas d’émission existant en Europe, en Amérique du Nord ou en Asie. Malgré les critiques sur le niveau de cette taxe carbone, parfois jugé trop bas, cette décision envoie un signal fort aux autres états pour aller plus loin dans la mise en place d’un prix carbone.

L’Accord de Paris a été ratifié

Le même jour, le seuil de 55 pays représentant 55% des émissions mondiales de gaz à effet de serre a été franchi, permettant ainsi à l’Accord de Paris d’entrer en vigueur. Un pas énorme pour l’action climatique, permettant de laisser la place à des discussions concrètes, sur la mise en oeuvre de l’Accord, dès la COP22.

L’OACI gèle les émissions des vols internationaux au niveau de 2020

Exclue de l’Accord de Paris, l’Organisation Internationale de l’Aviation Civile a signé un accord international pour limiter ses émissions carbone. Le 6 octobre, à Montréal, plus de 190 pays se sont mis d’accord pour geler leurs émissions au niveau de 2020, via l’achat de crédits carbone. Avec ce programme de croissance neutre en carbone, c’est la première fois qu’un secteur d’activité tout entier décide volontairement de compenser ses émissions carbone.

Un nouvel accord international pour interdire les gaz HFC

Le 15 octobre dernier, 197 pays ont décidé collectivement d’interdire progressivement les gaz HFC (hydrofluorocarbures). Utilisés comme réfrigérants dans les climatiseurs et les réfrigérateurs, les HFC ont un pouvoir de réchauffement global jusqu’à 14 000 fois plus fort que le dioxyde de carbone. Sans cet accord, les gaz HFC auraient engendré une augmentation des températures de 0,5°C en 2100.