En avril dernier, le Président François Hollande annonçait l’instauration d’un prix plancher du carbone, visant à taxer les émissions de gaz à effet de serre issues du secteur de l’énergie. Le Gouvernement a indiqué que ce projet était abandonné. Un revirement regrettable pour le climat.

Bien que limité au secteur de l’énergie, ce prix plancher sur les émissions carbone aurait envoyé un signal fort aux autres pays européens pour renforcer sur le système actuel d’échange de quotas d’émissions (EU ETS).

Le prix carbone est largement reconnu comme la manière la plus efficace de réduire les émissions en stimulant les investissmenents et l’innovation en faveur des technologies bas-carbone. En parallèle, de nombreux leaders économiques s’engagent pour l’introduction d’un prix carbone. Le 24 août dernier, 130 investisseurs, représentant 13 milliards de dollars d’actifs, encourageaient les dirigeants du G20 à mettre en place un prix carbone « stable, fiable et économiquement pertinent, afin de rediriger les investissements à la hauteur de l’enjeu climatique ».

De l’autre côté de l’Atlantique, le 4 octobre, le Premier ministre canadien Jutin Trudeau annonçait que son Gouvernement introduirait une taxe carbone, de 7,60 $ la tonne en 2018 jusqu’à 38 $ la tonne dès 2022. A quelques semaines de la COP22 à Marrakech, le France perd ainsi son rôle de chef de file et retarde de manière regrettable l’action climatique.

Dans le contexte social et électoral français actuel, la question de l’emploi est un sujet sensible. Il faut néanmoins rappeler que la décarbonisation de l’économie est créatrice de valeur et d’emploi pour les générations actuelles et futures. En août 2015, le Gouvernement estimait lui-même que la loi de transition énergétique permettrait « la création de 100000 emplois à court terme […] et de plus de 200000 emplois à l’horizon 2030 ». Il est maintenant plus que temps d’agir pour l’avenir du climat et de l’activité économique.