Malgré de grosses tensions au cours des négociations de cette nuit, avec une pression accrue de la Chine et des États-Unis, le draft comporte beaucoup moins de crochets et d’options. Cependant on sent que l’on s’approche de l’accord final, qui pourrait aboutir d’ici samedi midi.

Il est acté que l’objectif d’augmentation de la température par rapport aux niveaux pré-industriels devra être « bien en deça de 2 degrés », avec des efforts pour maintenir l’augmentation à « 1,5 degré » (article 2). L’objectif long terme de neutralité carbone pour la seconde moitié du siècle figure bien dans le texte. C’est un véritable progrès.

Néanmoins, les objectifs quantifiés de réduction des émissions de CO2 ont disparu (article 3). Ceci est un échec important.

Il est également acté que le pic des émissions doit avoir lieu « dès que possible » selon l’état de développement de chaque pays et que la neutralité carbone doit être visée entre 2050 et 2100. Cet objectif de neutralité carbone reste encore flou dans sa mécanique de mise en œuvre et ne fixe pas de feuille de route claire. Il reste cependant  « souhaitable ».

 Les mécanismes de transferts d’émissions par le développement de projets ne sont pas tranchés (article 3ter). L’absence de progrès sur ce point demain prouverait que l’on est loin d’un accord aussi ambitieux que le protocole de Kyoto.

L’article relatif à la finance (article 6) a progressé. Il est acté un fonds plancher de 100 Mds par an à destination des pays en développement.

On note un accord sur l’article 7 relatif au développement de mécanismes facilitant les transferts technologiques.

La transparence (article 9) reste encore floue. Très peu de progrès ont été faits sur ce point.

Enfin, on peut déplorer, sous la pression des seuls pays pétroliers (Arabie saoudite et Irak notamment), le renoncement à la référence au prix du carbone, qui aurait permis, à terme, d’ouvrir la voie à une taxation des énergies fossiles.

Conclusion :

Cette dernière journée de négociation permet encore tous les espoirs afin de dépasser les accords précédents. En effet, si les négociateurs ne parviennent pas à s’engager collectivement sur les points les plus structurants, le bilan sera similaire à la conférence de Copenhague (un accord sur l’objectif de limitation de la hausse de température) avec deux petites avancées supplémentaires :

–          Un accord sur le financement du fonds vert

–          L’inscription d’un objectif de neutralité carbone

– Thierry Fornas et Gérald Maradan (EcoAct)